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Kita dira-t-il « j’ai fait descendre Nantes en Ligue 2 » ?

Nantes / Rennes (1-1) - Résumé, le 18 mai 2009

Encore 2 journées avant la Ligue 2 ?
 

Le FC Nantes a fait preuve de combativité contre Rennes. Mais cela n'a pas suffi pour s'imposer (1-1) et la Ligue 2 s'est encore rapprochée. Les dirigeants et les techniciens nantais (pas ceux du centre de formation), eux, ont gagné : ils ont le football et le club qu'ils ont voulus. Ils récoltent ce qu'ils ont semé, ce que tous les connaisseurs leur prédisaient. Bravo messieurs pour la démonstration ! Mais pas merci. Au fait, il n'y avait que 26.088 spectateurs pour ce derby au niveau technique affligeant. (B.V.)

(© 2009) (http://www.fcnantais.com/articles/090517NantesRennesResume.php)

Sursis ou braise d'espoir ?

Est-ce un simple sursis ou la dernière braise d'un espoir insensé ? Le point engrangé contre Rennes permet d'entretenir l'illusion d'un maintien qui devient pourtant de plus en plus hypothétique au fur et à mesure que les matches passent. Nantes a marqué un seul petit point au cours de ses trois dernières rencontres, dont deux à la Beaujoire, et pourtant il se trouve encore plein de gens, y compris parmi les joueurs, pour croire qu'il peut en marquer six pour ses deux derniers rendez-vous, le premier s'annonçant comme un véritable quitte ou double à Sochaux. Est-ce de la communication, un refus de voir la réalité en face ou la promesse d'un miracle ?

De la combativité mais pas de talent

On a même entendu dimanche soir, lorsque la messe fut dite, et bien qu'elle ait eu de singulières ressemblances avec une oraison funèbre, plusieurs commentaires du genre : « ah si Nantes avait joué comme ça toute la saison, il n'en serait pas là ! » C'est peut-être mésestimer quelque peu la réalité. Car si cette rencontre n'a en rien ressemblé à celle contre Le Havre, il est vrai qu'il était difficile de faire aussi mal, elle n'a tout de même rapporté qu'un point. Et si sur le plan de la combativité, les Canaris se sont montrés à la hauteur, ils ont une nouvelle fois affiché des lacunes techniques affligeantes et une pauvreté dans la construction du jeu inadmissible à ce niveau. Parfois, certains gestes, des dégagements de Pierre par exemple, nous firent penser qu'on se trouvait non pas devant un spectacle de Ligue 1 mais à un match de niveau bien inférieur.

« Dans n'importe quelle autre entreprise... »

Waldemar Kita avait déclaré la semaine dernière, au cours d'une émission d'Europe 1 : « les Nantais aiment le football, ce sont des connaisseurs ». On est tout à fait d'accord. Mais il faudrait expliquer à ce cher président que c'est justement pour cette raison que ses méthodes ne passent pas. Parce qu'entre le football enseigné ici par les maîtres Arribas, Suaudeau et Denoueix et le pauvre jeu présenté par les mercenaires qu'il a enrôlés, lui et sa garde, il existe un fossé infranchissable. Le jour où les spectateurs nantais goûteront à cette indigeste bouillie et la trouveront bonne, ils ne connaîtront plus le football.

En attendant, des manifestations anti-Kita ont eu lieu avant le match, à l'extérieur du stade car évidemment les banderoles qui passent la censure doivent être assez neutres ou s'en prendre uniquement aux joueurs. C'est plus facile. Ainsi vit-on apparaître dans le kop cette inscription : « joueurs, dans n'importe quelle autre entreprise, vous seriez virés ! » Peut-être. Mais les dirigeants qui pour une raison quelconque, l'incompétence par exemple, conduisent leur entreprise droit dans le mur reçoivent-ils des félicitations ? Ne doivent-ils pas eux aussi assumer le poids de leurs erreurs ? Même s'ils prétendent posséder tous les droits, sous le prétexte à vérifier qu'ils ont sorti le chéquier.

Et puis, si on veut bien considérer que le FC Nantes est un élément du patrimoine régional que dirait-on d'un homme qui, ayant acquis un monument historique, le détruirait à coups de bulldozer ? Le laisserait-on agir en toute liberté, toute impunité ? L'argent procure des avantages, il ne donne pas tous les droits et on aimerait que le maire de Nantes, qui a déjà contribué à la venue de la Socpresse puis au départ de Dassault, comprenne que le moment semble venu de remonter au créneau. Et si possible en ne laissant pas n'importe qui s'emparer des clefs.

Il est interdit d'éclater de rire

On n'en est pas là, on veut dire au départ de Kita qui n'en finit pas d'asséner qu'il va s'accrocher à son poste, vaille que vaille. Autant dire qu'il est permis de trembler car le pire reste peut-être devant nous. Le président en déduira sans doute que nous ne l'aimons pas. Comment pourrait-il comprendre que si nous le critiquons tant c'est simplement parce que nous aimons le football ? Mais pas celui formaté, sans âme, sans idées offert actuellement par ses hommes.

Pour affronter Rennes, Baup avait laissé Klasnic sur le banc, validé le retour de Capoue, replacé Maréval en latéral gauche, accordé à Bagayoko le poste d'attaquant de pointe qu'il a souvent sollicité et composé un milieu à trois avec Vainqueur évoluant juste devant la défense et derrière N'Daw et Da Rocha. On pourrait voir dans cette formule une similitude avec le système de jeu du Barça, sauf que cela équivaudrait à comparer N'Daw à Iniesta. Il est interdit d'éclater de rire. Remarquez, il est probable que le recruteur nantais n'est jamais allé voir jouer Iniesta, ce n'est pas le genre de joueurs qu'il apprécie. Trop intelligent, trop petit, trop technique. Lui il préfère du lourd, du costaud. Tant pis si c'est maladroit. Bon, on ne lui aurait pas demandé d'enrôler le milieu de terrain catalan mais s'il avait pu simplement enrichir ses connaissances en constatant comment on peut bien jouer au football et s'il avait essayé de bâtir une équipe en conséquence, au lieu de miser uniquement sur les atouts physiques, le club ne serait sans doute pas à la porte de la Ligue 2.

10.000 places vides à la Beaujoire

Nantes était dimanche après-midi d'autant plus loin du concept barcelonais qu'il s'appuya essentiellement sur ses individualités, Bagayoko et Capoue notamment, et misa essentiellement sur un jeu aérien et hasardeux. Il n'avait guère que sa vaillance à faire valoir, c'était déjà ça par rapport au Havre et à Lyon, mais comme les Rennais de leur côté construisaient à peine davantage, la médiocrité était de mise. Question contacts, fautes, mauvaises passes, on était abondamment servi, en revanche il n'y avait pratiquement rien à se mettre sous les yeux pour les amateurs d'esthétique et de football technique, les connaisseurs comme dirait Kita, qui devrait expliquer pourquoi un Nantes – Rennes capital pour les locaux, par un temps idéal, laisse plus de 10.000 places vides à la Beaujoire. Comme il dit : « je n'ai guère qu'une dizaine de contestataires... »

But de Bagayoko

La défense comme souvent donna d'entrée de la bande et si on excepte un shoot de N'Daw, de 25 mètres, repoussé par Douchez, les vingt premières minutes furent à l'avantage des Rennais avec des occasions de Marvaux et de Sow qui permirent à Alonzo de se mettre en évidence. Ensuite, peu à peu, grâce aux raids de Bagayoko et de Capoue (Bekamenga, côté droit, était en revanche « absent »), les Canaris se donnèrent un peu d'oxygène. Da Rocha tenta sa chance (20è) puis Capoue, lancé par Bagayoko, trouva le petit filet (24è). Nantes de toute évidence comptait davantage sur des actions kamikaze que sur des offensives réfléchies, peut-être parce que son entraîneur avait estimé qu'il est incapable d'en réaliser. Sur ce plan-là au moins, les dirigeants du FCN ont gagné : le foot à la nantaise est mort, ils ont eu ce qu'ils voulaient.

Les Canaris parvinrent toutefois à prendre l'avantage, peu avant la pause, grâce à un long renvoi de Moullec, que Capoue dévia de la tête sur Bagayoko. Le Malien parvint à se débarrasser de la sangsue Hansson et à décocher un shoot qui perfora la garde de Douchez (42è).

Nantes menait donc 1-0 à la pause, ses chances de maintien paraissaient encore réelles. Elles l'auraient été davantage s'il était parvenu à assommer les Rennais par un deuxième but. Il en eut l'occasion, notamment par Bagayoko (55è, 67è) et surtout N'Daw qui après avoir alerté Capoue sur l'aile gauche se montra assez prompt pour se retrouver à la réception du centre. Il tira à côté (58è). C'était bien joué, il faut le souligner. Bagayoko perfora de nouveau, en force, la défense rennaise mais Douchez repoussa son shoot et on se demande s'il n'aurait pas mieux fait d'essayer de servir Capoue (67è).

Vainqueur sort, Rennes égalise à la 84è minute

Et puis, et puis Nantes s'essouffla. L'engagement physique, ça use. Abdoun remplaça le « fantôme » de Bekamenga (71è) et Baup tint à rappeler que Dossevi fait toujours partie de son effectif en le faisant entrer à la place de Capoue (75è). Quelques instants plus tard, William Vainqueur, l'un des tous meilleurs Nantais, se blessa (79è).

Surprise : ce n'est pas De Freitas qui fut appelé pour lui succéder et tenter de garder le ballon mais Ricardo Faty dont on connaît les limites et le peu de lucidité. Il a tendance à courir après tout ce qui bouge, sans discernement, et c'est ainsi qu'il se blessa, par sa faute, quelques secondes seulement après avoir débuté (81è).

C'était de la malchance bien sûr, mais aussi sans doute une faute de coaching, d'autant que c'est N'Daw qui se positionna à la place de Vainqueur devant la défense. Les Rennais présentèrent rapidement l'addition sous la forme d'un but de Sow, profitant d'un cafouillage auquel Poulard et Moullec étaient mêlés.

On atteignait la 84è minute et Nantes replongeait dans de sales draps. Il s'appliqua à réagir mais ce fut en vain, malgré une faute de Hansson sur Faty, qui avait retrouvé à peu près son aplomb, à l'ultime seconde. N'Daw se présenta pour botter le coup franc, à 20 mètres. Son boulet percuta le mur.

C'était fini, le public, désabusé, n'eut même pas envie de siffler, il est vrai que les Canaris avaient fait preuve de combativité. Mais on est désolé de le dire : en football cela ne suffit pas. Mouiller le maillot est une chose, posséder du talent et savoir s'en servir en sont d'autres.


B.V., le 18 mai 2009


 

 

 

 
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