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Nantes plonge dans la nuit toulousaine

Toulouse / Nantes (1-0) - Résumé, le 12 avril 2009

Alonzo sans baraka
 

Il faisait froid et il pleuvait à Toulouse. Et ce fut un triste match. Avec à la clef une nouvelle défaite, 1-0, et une place de relégable. Mais c'est au fond du coeur que les vrais amoureux du FC Nantes sentent la glace s'insinuer. Ce club-là, ce football-là et peut-être même cette équipe-là, ne méritent guère de soutien. Sauf à être aveugle et à apprécier la banalité. (B.V.)

(© 2009) (http://www.fcnantais.com/articles/090411ToulouseNantesResume.php)

Une déclaration « amusante »

Le recruteur du FC Nantes s'était fendu d'une forte phrase durant la semaine précédant la rencontre : « Plus de bla-bla, il faut montrer », avait-il dit.

Ces propos ne manquent pas de sel quand on se rappelle que le même avait lancé, après avoir fait signer Klasnic auquel le Werder de Brême avait poliment refusé de renouveler son contrat : « je viens de réussir le plus beau coup de ma carrière... »

Pas de bla-bla... Il faut montrer... Klasnic montre ce qu'il peut, c'est à dire dans l'ensemble pas grand chose. Mais exactement ce qu'on pouvait supposer lors de son engagement.

Nantais en Ligue 2, scandait une partie du Stadium

Le recruteur faisait-il allusion au Croate quand il a ajouté : « l'entraîneur va identifier les joueurs prêts à .... mourir pour l'institution » ?

Mourir ? Diable ! Comme aurait remarqué Antoine Blondin, en voilà un qui entre deux maux ne choisit pas le moindre. Quant à l'institution, la référence paraît pour le moins osée tant on sait depuis longtemps qu'elle part en décrépitude, en raison de la politique menée par ceux qui ont cru ou croient encore la représenter. Alors qu'ils en sont simplement les propriétaires, non pas grâce à leurs idées mais à leur argent, qu'ils sauront sans doute récupérer lors de leur départ.

Le FC Nantes actuel n'a plus rien à voir avec le FC Nantes que les fervents du jeu ont aimé et qui méritait d'être soutenu. Le phénomène de rejet tend d'ailleurs à se généraliser. Autrefois Nantes était une équipe appréciée et respectée partout où elle passait, samedi soir on a entendu une partie du Stadium scander : « Nantais en Ligue 2, Nantais en Ligue 2 ! »

Une triste et implacable logique

On se gardera bien pour notre part de demander aux joueurs nantais de mourir, cela ferait vraiment désordre. Qu'ils jouent, ce sera largement suffisant. Mais ils semblent justement que cela se situe au-dessus de leurs forces ou de leur volonté ou du football qu'on leur demande de pratiquer. Quand on recrute des joueurs n'importe où et n'importe comment, sans se soucier de leur complémentarité, de leur valeur technique et de leur intelligence tactique, et qu'en plus on les présente comme des vedettes, on s'expose à de cruelles déconvenues. Celle qui tombe actuellement sur la tête des dirigeants nantais relève en réalité de la plus élémentaire logique, ils récoltent la moisson qu'ils ont semée et au moment où l'équipe de Gambardella s'apprête à disputer une demi-finale contre Lyon il n'est pas superflu de rappeler une autre déclaration choc de notre visionnaire préféré : « il n'y a vraiment plus aucun jeune de valeur dans ce club, tout est à reconstruire... »

Un match synonyme de peu d'espoir

On peut se tromper... Mais les erreurs multipliées de Waldemar Kita et de son staff sont en train de précipiter le FC Nantes au même endroit, dans la même division où l'avaient laissé leurs prédécesseurs Roussillon et Gripond. Les mêmes recettes conduisent aux mêmes conclusions et le pronostic présidentiel émis durant la trêve hivernal, une place parmi les dix premiers, risque de devenir aussi historique que le fameux « on vise la sixième place » de Roussillon en juillet 2006.

Il reste sept matches et les Canaris ne sont pas encore dans l'abîme, certains d'entre eux veulent toujours croire au maintien, mais leur match à Toulouse n'est pas synonyme de grand espoir.

Il y avait pourtant un bon coup à jouer contre une équipe locale qui n'a absolument pas justifié son classement et qui durant toute la première période resta grosso modo au niveau de Nantes. Le spectacle était vraiment très faible, très fade et, pour dire vrai, ce n'est pas Nantes qui jouait le plus mal. En revanche, pour ce qui était des occasions de but, il fallait repasser. Le niveau technique volait très bas et Babovic qui avait voulu jouer au plus fin avec Mathieu se fit rapidement rappeler à l'ordre : le Toulousain lui chipa le ballon aux abords de la surface de réparation, si bien que la présomption du Serbe déboucha sur la première situation dangereuse de la rencontre, au bout d'un quart d'heure soporifique.

4-2-3-1 avec Bagayoko en pointe et Klasnic à gauche

Babovic et Klasnic qui n'étaient généralement pas annoncés comme titulaires avaient donc finalement été retenus par Elie Baup. Mais le coach nantais, arrivé au bout de quatre journées, cherche toujours, 27 matches plus loin, la bonne formule. Et il ne la trouve pas. Cette fois, dans son 4-2-3-1, Bagayoko avait été installé à la pointe de l'attaque avec derrière lui une ligne de soutien composée par Babovic, Da Rocha et Klasnic, ce dernier évoluant à gauche. Ce ne fut guère convaincant. Il est vrai qu'à part Da Rocha et, dans une mesure moindre, William Vainqueur, on ne vit aucun Nantais à son avantage. N'Daw fit du N'Daw : beaucoup de physique, beaucoup de fautes, beaucoup de ballons perdus. Après la rencontre, il fut salué par son ancien président Jean-Claude Plessis qui espère toujours se recaser dans un club. On peut dire qu'en participant à la vente de N'Daw de Sochaux à Nantes et en s'appliquant à faire monter les enchères il a rendu un dernier gros service aux Francs-Comtois.

Quand le Barça joue, ils éteignent leur télé

Mais qui parmi les arrivés de l'été 2008 a constitué un bon transfert ? Qui a vraiment renforcé l'équipe ? Qui surtout correspondait au football à la nantaise ? Il est vrai que les dirigeants nantais prétendaient en août dernier que ce football là était dépassé... A notre humble avis, lorsque le FC Barcelone est sur le terrain, ils doivent éteindre leur télé.

Nantes ne s'est donc créé aucune occasion de marquer en première période où un bon ballon de Klasnic pour Babovic vit le Serbe centrer au troisième poteau (32è). Les Toulousains firent à peine moins mal, se distinguant seulement par une reprise de la tête de Mathieu sur un corner (40è) et un slalom de Braaten dont le shoot passa à côté (42è).

Mais ils accélèrent sensiblement après la pause et il ne leur fallut pas longtemps pour trouver l'ouverture. La défense nantaise était incapable de se dégager proprement, elle renvoyait les ballons n'importe comment, à l'image de Pierre, et sur son flanc droit Tall, qui avait fait illusion devant Bergougnoux, se retrouvait au supplice face à Mansaré, entré en jeu à la reprise.

Gignac fait encore des misères à Nantes

A la 53è minute, Braaten récupéra un ballon, il le donna à Gignac qui, du gauche, trompa Alonzo, d'un tir à ras de terre d'une vingtaine de mètres. Le ballon ricocha sur un montant et rebondit dans les filets. Une fois encore l'ex-Lorientais faisait des siennes face aux Canaris !

C'était le premier ballon que l'ancien gardien remplaçant du Paris SG avait à stopper et il l'avait laissé passer. Il eut deux autres arrêts à effectuer. Il endigua avec brio la tentative de Mansaré qui s'était présenté seul devant lui (79è). Mais il faillit s'emmêler les crayons sur un shoot lointain de Didot. Il laissa échapper le ballon, lequel eut la bonne idée de filer au-dessus de la barre (66è). On avait frôlé le but-gag.

Ah ça, ce n'était pas du football à la nantaise !

Hélas, plus les minutes filaient et plus l'impuissance nantaise éclatait dans la froide et pluvieuse nuit toulousaine. Capoue avait succédé à Babovic (67è) puis Bekamenga et Abdoun avaient remplacé Vainqueur (77è) et Klasnic (80è) mais rien ne changeait. Toulouse n'attaquait même pas, il se contentait de quelques contres alors que les Canaris expédiaient de longs ballons devant la cage de Carasso. Ce n'était pas du football à la nantaise, ce football renié par l'état-major du club, c'était un jeu digne d'une équipe de district. Avec à la clef une nouvelle défaite et une place de relégable.

Elie Baup estima que son équipe n'avait pas été si mauvaise que les observateurs l'avaient cru. Frédéric Da Rocha lâcha que le rendez-vous contre Nice, samedi prochain, est devenu primordial....


B.V.., le 12 avril 2009


 

 

 
 
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