Il y a longtemps que les spectateurs ne sont plus à la fête à La Beaujoire. Un Nantes-Marseille feu de paille de jeu signé Georges Eo ou, dans un autre style déjà, un Nantes-Reims épitaphe signé Dayan/Gravelaine/Der Zakarian pour s'éviter Papin. Des exceptions. Brigade Loire et Da Rocha à la fête Samedi la fête était dans les tribunes. La Brigade Loire, profil bas depuis Kita, fêtait ses 10 ans. Courageux de durer dans de telles conditions. Chapeau ! Sur le terrain, Da Rocha, 400 ème match en canari, se la jouait symbole anachronique. De durer ici, dans ce qui ne ressemble plus à rien et trop à tout. De disputer un match de plus, loin des plaisirs appris. Dilemme du symbole en phase terminale : rester à la maison devenue hôpital ou soigner son teint par le plaisir d'un bain de jouvence. Forcément ailleurs. Ceux qui partent, ceux qui restent Tournée d'adieux sans nom. Ceux qui restent et abusent n'en sont que plus ridicules. Ceux-là on aimerait les voir partir le plus vite possible. Ils ont exaspéré le Docteur Bryand en conviant certains de leurs protégés à aller consulter ailleurs et n'emploient pas d'autres méthodes pour décourager Laurent Guyot quand un membre de la direction confie à France Football, pour publication anonyme, qu'il a contacté Nobilo (« on a parlé de tout autre chose » selon l'ex-entraîneur du Havre) afin de rétrograder l'actuel directeur du centre. C'est misérable. Ne nous en étonnons pas. Dès le début, contre vents et marées, nous avons suffisamment actionné le signal d'alarme. Baup : le jeu fait perdre A Saint-Etienne, Baup avait trouvé son équipe trop joueuse, à l'image sans doute d'un De Freitas retrouvé et meilleur nantais dans le Forez. En résumé pour l'ex-coach de Toulouse, quand ce Nantes là essaye de jouer, il perd ! Il annonçait donc un retour aux fondamentaux qui avaient permis aux Canaris de s'en sortir lors de la première partie de saison. Dès lors on ne fut pas surpris, même si on le regrettera toujours, de voir De Freitas assis sur le banc de touche au coup d'envoi face à Lorient. Devant c'était le pari du muscle. Bekamenga à droite, Bagayoko préféré à Klasnic à la pointe de l'attaque et Capoue à gauche. Au milieu, davantage de technicité avec Da Rocha et Vainqueur sur les bases arrières tandis que « musclor » N'Daw se projetait à la pointe du triangle en ratisseur de seconds ballons derrière Bagayoko. Poulard joue les méchants Le plan B, retour aux fondamentaux qui ne sont pas fondations, était en place. Bagayoko croisait ses courses sur la gauche tandis que Capoue plongeait dans l'axe. Dès le début de la rencontre, le poids et la rapidité des attaquants nantais mettaient au supplice l'arrière garde lorientaise. L'opposition de style prévue par Gourcuff était criante. D'entrée de « jeu », Poulard, pourtant pas un méchant, y allait même d'un tacle assassin sur les frêles chevilles de Vahirua. Déplorable. L'embellie dura à peine 10 minutes. Puis patiemment Lorient remonta le terrain et parvint à trouver Vahirua en soutien, tandis que Amalfitano et Gameiro faisaient parler leur vivacité. L'attaquant de poche lorientais, qu'on aurait préféré en jaune, se procura même la première réelle occasion de la rencontre à la réception d'un centre de Vahirua. Alonzo s'employa pour contrecarrer son enchaînement contrôle volée (17ème). Cinq minutes plus tôt Jallet avait signifié la fin de la courte domination des locaux d'une reprise de la tête un poil trop croisée. Nantes efficace Ce sont pourtant les Nantais, diablement efficaces si l'on considère leur faible propension à se procurer des occasions, qui ouvrirent la marque à la suite d'un bon décalage de Bagayoko côté gauche. Son centre au second poteau trouvait N'Daw qui reprenait du crâne et ne laissait aucune chance à Audard (25ème). Forts de cet avantage, les Nantais retrouvèrent un semblant de second souffle et Bekamenga, à la réception d'un coup franc de N'Daw, voyait sa reprise de la tête passer à côté (38ème). L'artificier N'Daw plaçait encore un puissant coup-franc qui tutoyait les montants de Audard (42ème). Ce furent pourtant les Merlus qui manquèrent l'égalisation après avoir déjà placé quelques banderilles comme autant d'avertissements : coup-franc indirect dans la surface de Vahirua (35ème), frappe au-dessus de Amalfitano (39ème). Juste avant la mi-temps, à la suite d'un mouvement d'école, Gameiro avait lancé Amalfitano dans le dos de la défense nantaise. Idéalement placé, l'ex-Sedannais frappait au-dessus et soulageait Alonzo d'une nouvelle infortune. Changements payants pour Gourcuff La seconde mi-temps fut un peu celle des entraîneurs. Choix tactiques pensés du côté de Gourcuff et choix davantage subis de la part de Baup. Capoue blessé restait aux vestiaires et était remplacé poste pour poste par Abdoun. C'est aussi sur un côté qu'intervint le premier changement lorientais, avec l'entrée du Bordelais Obertan à la place de Jouffre. Autant dire tout de suite qu'au jeu de la comparaison Obertan perturba bien davantage les Nantais que ne le fit le brouillon et décevant Abdoun. Le joueur prêté par Bordeaux cet hiver se signala rapidement par une percée ponctuée d'une frappe dans le petit filet (57ème). Les Nantais ne montraient plus rien de probant ce qui donna sans doute des idées à Gourcuff. Amalfitano céda sa place à Le Lan, ce qui permit à Morel de monter d'un cran. Morel comme Ilan Changement gagnant. Morel fut à l'origine d'un penalty généreux pour une faute de Poulard à l'entrée de la surface (68ème). Alonzo eut la bonne idée de plonger du bon côté, tout comme il l'avait déjà fait face au valenciennois Danic sur ce même but. Tandis que Abriel, après Saifi face au Paris SG, manquait donc ce deuxième penalty merlu. Au jeu des similitudes Nantes ne resta malheureusement pas en reste. Le but de Morel d'une frappe lointaine sans opposition (78ème) rappelant en effet celui marqué par Ilan une semaine plus tôt. Après Caen, Grenoble et Saint-Etienne, Nantes était encore rejoint au tableau d'affichage… Nantes sans idée et à bout de souffle Les Nantais tiraient la langue, les organismes ne répondaient plus. Da Rocha était victime de crampes. Mareval et Moullec demandaient à sortir. Klasnic ne pouvait dès lors pas entrer en jeu et les Canaris sans ressource limitaient les dégâts. Hormis un centre tir de Guillon (90ème) se sont les Merlus qui terminèrent le mieux, sans toutefois remporter la décision. Nantes en a fini de sa série de matchs contre la plupart de ses homologues du bas de tableau. Le bilan n'est pas celui attendu. Les rencontres face à Marseille, Lille et Toulouse annoncent un probable glissement de terrain vers la relégation. Ceux qui bombaient le torse tout en moquant certains adversaires qui ne seront manifestement plus rattrapés, en sont pour leurs frais. L'alliance de la bêtise et de l'incompétence. La crise couve entre logique et justice.
L.C., le 16 mars 2009
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