Ces tristes événements sont tout, sauf une surprise Le FC Nantes a encore été battu, cette fois il n'a même pas pu glaner le petit point qui était de mise depuis quelques temps lors de ses matches à domicile. Du coup, et même si, derrière lui, les trainards continuent à faire du surplace, il se rapproche évidemment de plus en plus de la zone rouge. Ce n'est sans doute pas le meilleur moment, alors que se profilent, dans son sombre horizon, un voyage au Havre, avec lequel il partage la 16è place, puis la réception de Lyon. Bien sûr nous n'allons pas prétendre que nous sommes surpris par les événements, nous savons trop que tout serait à changer dans ce club : le président, le recruteur, l'entraîneur et pas mal de joueurs, ces derniers étant ici à cause des premiers. Nous savons bien que Kita a hérité d'une situation délicate, il nous l'a assez rabâché. Mais depuis le début de son règne nous répétons sans relâche qu'il n'a jamais su l'appréhender. Une bâtisse de cartes et un futur qui fait peur Et nous prédisons, hélas sans nous tromper, le scénario qui se rédige, chapitre gris après chapitre noir, sous les yeux d'un public de moins en moins nombreux, de plus en plus dépité. Ils étaient à peine plus de 20.000 dimanche après-midi et le match n'est sans doute pas loin où l'assistance va frôler la barre des 15.000 spectateurs. C'est affligeant. Mais c'est la faute à qui ? Pour notre part, nous n'avons jamais assuré que Klasnic (qui, pourtant a du ballon), Graavgard ou N'Daw étaient des joueurs qui allaient nous émerveiller, pas davantage que Baup est un messie ou un technicien beaucoup plus éclairé que Der Zakarian. Au sein de la direction, le son de cloche a été bien différent, on nous a promis monts et merveilles, on nous a dit qu'on construisait un club solide, pour l'avenir. En fait, nous n'avons devant nous qu'une bâtisse de cartes et un futur qui fait peur. La chasse aux compétents Kita et ses affidés ont obstinément tourné le dos aux traditions nantaises, ils ont voulu tout briser, ils ont préféré miser sur un football conformiste d'un autre âge plutôt que sur un jeu moderne, technique, en mouvement, le fameux jeu qui a fait la force de Nantes et qui est de mise aujourd'hui au Barça, lequel aligne couramment six joueurs formés en son sein, parfois davantage. Eh bien ils récoltent le mauvais grain qu'ils ont semé. C'est d'une implacable et triste logique et on se demande (enfin, pas trop) quelle sera la prochaine victime, la dernière ayant été Fabrice Bryand. Les trois principaux défauts qui lui étaient reprochés étaient, si on a bien compris, sa compétence, l'attachement que lui vouaient les joueurs et son habitude de ne pas répondre systématiquement amen quand le patron parlait. Qu'il ait fini par jeter l'éponge, après tant d'autres, tant d'abonnés, tant de fidèles, tant d'indéfectibles amoureux du football à la nantaise, cela effraie. 
Manque d'audace...
Pourtant, revenons à dimanche après-midi, Nantes méritait mieux face à Nancy que la défaite qui lui est tombée sur la tête, lorsqu'à la 75è minute Hadji a repris magistralement un centre de la droite de Bérenguer. Ce fut pratiquement la seule occasion des Lorrains. Mais elle a débouché sur un but. Les Canaris s'en sont créé presque dix fois plus, ils n'ont su en transformer aucune. Ils ont aussi « tenu » le ballon (57%, sur l'ensemble, 61% en première période) mais ils ont rarement su en faire bon usage. Ce n'est guère surprenant pour une équipe qui ne sait plus miser que sur la défense contre-attaque. Cela dit, il ne faut pas exagérer non plus : la plupart de ces occasions furent le fruit de coups de pieds arrêtés, comme à l'ordinaire, ou de poussées plus ou moins aveugles. Et si Nantes a mieux joué que d'habitude, Baup avait tout de même réalisé la gageure d'aligner seulement deux joueurs franchement offensifs (Klasnic, Bagayoko) plus Capoue qui court tellement qu'il peut être rangé dans une catégorie « alternative ». Les Canaris évoluaient pourtant à domicile, face au 15è du classement et ils devaient gagner. Bonjour l'audace ! ...Mais Klasnic enfin soutenu et Da Rocha à son avantage Cette critique doit être nuancée par le fait que Bagayoko avait été positionné à côté de Klasnic. Nantes évoluait donc avec deux attaquants et, quelle coïncidence n'est-ce pas, le Croate s'est montré plus à l'aise qu'au cours de tous les matches où il lui avait fallut tenir un rôle de kamikaze. Quand il bénéficie d'appuis, qu'on lui offrr des possibilités de passe, Klasnic n'est pas si mauvais. Cela vous étonne ? En revanche, on ne peut pas dire que l'expérience consistant à faire évoluer Faty sur un côté ait été concluante. C'était ça la surprise que Baup disait avoir préparé à Correa ? On a l'impression que le premier surpris fut Faty... Dans le système mis en place, un 4-4-2, Da Rocha avait hérité d'un rôle de milieu défensif, au côté de N'Daw et il s'en est sorti à son avantage, on se demande même s'il n'a pas été le meilleur Nantais. Le plus lucide en tout cas et celui s'appliquant le mieux à soigner la précision, à chercher la bonne passe. Mais si quelqu'un pouvait indiquer à Baup qu'il compte dans son effectif un certain De Freitas, cela pourrait rendre service à l'équipe. Un tandem Da Rocha - De Freitas pourrait même devenir séduisant. A condition de vouloir produire un minimum de jeu. Klasnic de peu à côté Bon, laissons le coach composer son équipe et s'en tenir à son idéologie dominante privilégiant l'engagement physique. Ce n'est pas très concluant si on se fie au classement mais enfin c'est lui qui commande et Nantes entama la partie de la même façon que face à Toulouse, c'est à dire pied au plancher. Bracigliano se retrouva tout de suite à l'ouvrage. Ses défenseurs concédaient des corners, le ballon voltigeait devant sa cage. Il aurait même pu aller au fond lorsqu'à la suite d'une touche, Klasnic, au milieu d'une grappe de joueurs et à cinq-six mètres de la cible, tenta une petite frappe croisée qui fila à côté d'un montant (8è). Capoue s'activait sur son aile gauche, il se battait, il effectua un centre en retrait plutôt judicieux mais personne n'avait suivi (23è). Tête de Bagayoko, poteau Même sans trop se soucier de la construction, Nantes dominait largement une équipe recroquevillée sur elle-même et qui ne demandait pas forcément autre chose. Bagayoko bondissait sur les ballons aériens, il surgit entre deux défenseurs pour décocher une tête que Bracigliano déviait en corner (17è). Il était encore là pour reprendre un ballon aérien de N'Daw et contraindre le gardien nancéien à concéder un nouveau corner (34è). Sur ce dernier, botté par Moullec, Bagayoko répondait toujours présent et décochait une nouvelle reprise du crâne. Le ballon ricochait sur un poteau ! Nantes n'était décidément pas payé de ses efforts mais il ne se décourageait pas et il maintint sa pression jusqu'au repos. Sans parvenir pour autant à déflorer le score, malgré une nouvelle tentative de Bagayoko, mis sur orbite par Klasnic, d'une petite passe du gauche, ce fut d'ailleurs là l'un des plus beaux mouvements offensifs nantais (43è). Les Canaris firent encore illusion au début de la seconde période, on pense notamment à une action Bagayoko-Klasnic (48è). Le Malien s'était échappé sur la droite et comme souvent il shoote dans n'importe quelle position on s'attendit à le voir frapper. Il était bien placé. Or, il préféra donner sur sa gauche à Klasnic. La passe manquait d'un peu de précision et le Croate fut surpris. Alors, l'opportunité ne fut pas exploitée. But de Nancy... A la suite d'un coup franc obtenu par Capoue, shooté en force par N'Daw et renvoyé par Bracigliano, Moullec eut un dernier ballon de but au bout des crampons (56è). Et puis, lentement mais sûrement, surtout après la sortie de l'arrière droit nancéien Helder au profit de Brison, on eut l'impression que la face du match tournait. Nantes s'était époumoné, en vain, et Correa, flairant l'aubaine poussait son équipe à sortir doucement de ses bases défensives. De poser même le ballon à terre alors que Nantes croyait trouver la solution en expédiant des bombardes à l'avant. On voyait Hadji devenir de plus en plus influent. L'ennui est que les défenseurs centraux canaris, eux, ne le virent pas arriver, en tout cas ils ne réagirent pas, quand il se précipita sur un centre de la droite de Bérenguer. Sa reprise de la tête fut impeccable et Alonzo ne put qu'entendre sa transversale frémir au-dessus de sa tête et ses filets frissonner dans son dos (75è). Défaite injuste mais... Nantes, mené contre le cours du jeu, ne trouva pas la force de réagir. Bekamenga prit le relais de Klasnic, Baup rappela Maréval sur le banc et le remplaça par Guillon mais le ressort était cassé et l'équipe de plus en plus étirée. Touchée moralement, fatiguée physiquement, faible techniquement. Elie Baup avait parlé d'un objectif de 22 points à la trêve hivernale, il en manque dix et il ne reste plus que quatre matches. Et comme ni le président ni le directeur sportif n'ont encore compris que « recrue » ne signifie pas automatiquement « renfort », ça promet pour le mercato. Combien de joueurs vont-ils encore empiler ? Et où vont-ils aller les chercher ? Nous sommes tristes car cette défaite est injuste. Mais nous le sommes encore plus parce que le FC Nantes, dos tourné à ses valeurs, sevré de ses compétences, coule inexorablement. B.V., le 23 novembre 2008
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